Le voyage d’affaires

L’essentiel

3,3 % : telle sera la hausse en 2019 des dépenses de voyages d’affaires en France, à plus de 29,9 milliards d’euros après une hausse identique en 2018, selon le cabinet Epsa.

L’événement

Un petit (grand) nouveau dans le monde des TMC ! Le 10 avril dernier, une méga alliance d’agences de voyages d’affaires locales est née et s’est lancée dans 50 pays. Baptisé Travel Leaders Network, ce réseau d’une quarantaine d’agences se veut une réponse à la faiblesse des grandes TMC qui ont tendance à avoir des approches globales au détriment des spécificités locales. En France, Travel Leaders Network s’appuie sur le Groupe Marietton qui détient notamment 100% de Havas Voyages.

Il a dit

“La seule chose qui intéresse les acheteurs de l’entreprise est de négocier à la baisse le coût de la transaction de réservation. C’est quasiment la seule activité pour laquelle ils sont prêts à payer”.

Charles Petrucelli, administrateur de American Express GBT

Les chiffres clés

En 2019, la priorité n°1 des travel managers français est la sécurité des voyageurs (89,1 %), devant l’amélioration de la politique voyages (76,8 %) et la recherche d’économies (71,4 %) selon une étude de Carlson Wagonlit.

Les voyageurs d’affaires français porteraient une attention plus marquée à leur bilan carbone (40 %) que les voyageurs loisirs (27 %) selon réalise à BVA pour les Entreprises du Voyage. 

Près de la moitié des salariés français estiment que les déplacements professionnels sont un plus dans le travail contre seulement 35 % des Britanniques selon une étude réalisée par Enterprise Rent-A-Car et National Car Rental.

En France, 52 % des réservations de vol se font offline mais, concernant l’hôtel, 66 % des voyageurs français préfèrent le digital, selon une étude réalisée par Carlson Wagonlit. 

56 % des voyageurs issus des jeunes générations déclarent prolonger leur voyage professionnel à des fins personnelles (le bleisure) contre 25 % des baby-boomers selon une étude de Traveldoo.

En France, sur un budget annuel de 10 millions d’euros consacrés aux déplacements professionnels des collaborateurs, il reste une capacité moyenne d’environ 410 000 euros/an d’économies, selon EPSA.

43 % des PME utilisent des plateformes en ligne pour organiser leurs voyages d’affaires, tandis que les TMC restent le principal canal pour 53 % des grandes entreprises selon le dernier baromètre d’American Express Global Business Travel. 

2 456 euros : c’est le montant moyen des notes de frais annuelles d’un voyageur d’affaires français selon Expensya. Le nombre de dépenses est quant à lui estimé à 53 par an. 

1 salarié sur 3 tricherait auprès de son entreprise concernant sa note de frais, un efraude qui coûterait en moyenne 730 euros par an et par employé, selon SAP Concur. 

3 questions à Michel Dieleman
Président de l’AFTM (Association française du travel management)

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Très bien ! La mobilité figure parmi les sujets de préoccupations des dirigeants. Elle représente le deuxième ou le troisième poste de dépenses selon les entreprises. Les déplacements du collaborateur sont considérés aujourd’hui globalement. Aussi, le door to door qui n’était qu’un concept il y a quelques années, devient une réalité en terme structuration de l’offre fournisseur à destination des entreprises.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Le cercle des prescripteurs au sein de l’entreprise accueille un nouveau membre : l’usager, comprendre le collaborateur. Deux facteurs ont favorisé ce phénomène : “l’UX” pour User Experience qui a émergée, parallèlement à l’avènement de l’économie B2C au sein du Business Travel. Le voyageur d’affaires “veut” être maître de ses conditions de déplacement tout en vivant une expérience proche de celles qu’il a l’habitude de vivre dans sa vie personnelle.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

Dans la réalité de son quotidien, le travel manager devient de plus en plus un mobility manager même s’ils sont encore trop peu à en avoir le titre. L’AFTM est justement là pour accompagner les entreprises dans leur réorganisation qui doit mettre au centre la mobilité du collaborateur. C’est l’un des objectifs forts de notre Comité de Développement composé d’acteurs précurseurs en la matière.


INTERVIEW ETE 2019