Le transport ferroviaire

Le transport ferroviaire

L’essentiel

141 millions d’euros : c’est le bénéfice net de la SNCF en 2018 contre 1,5 milliard en 2017. C’était inévitable : malgré un rebond au second semestre, la longue grève menée par les cheminots de mars à juin 2018 a plombé l’activité. Au total, la direction estime que la grève a amputé le chiffre d’affaires de 900 millions d’euros. Celui-ci n’a progressé que de 1,3 %, à 33,3 milliards d’euros.

L’événement

C’est une première : depuis cet été, les buralistes peuvent vendre des billets TER en étant commissionnés à 1 %. Pour le train régional, il s’agit d’aller “conquérir plus de 200 000 voyageurs quotidiens supplémentaires d’ici 2025 en réinventant sa présence territoriale et en diversifiant ses canaux de vente”. La SNCF estime que les Français ont en moyenne un buraliste à moins de 10 minutes de chez eux (24 500 points de vente en France). Une décision qui n’a pas manqué de susciter de fortes tensions avec les agences de voyages qui représentent 20 % des ventes de la SNCF et qui sont en train de renégocier leurs accords de commissionnement avec le transporteur ferroviaire. Verdict en fin d’année.

Il a dit

“Un voyage en train émet 25 fois moins de gaz à effet de serre que l’avion. Et je pose la question : est-il normal que le kérosène reste détaxé pour les vols intérieurs en France ? C’est un peu une aberration…”

Guillaume Pépy, Président du directoire de la SNCF

Les chiffres clés

Après un net rebond au second semestre 2018, les lignes Grande Vitesse de la SNCF ont battu des records en 2019 avec une croissance d’activité de 14 % entre janvier et avril, soit 4,5 millions de voyageurs supplémentaires par rapport à la même période en 2018.

Si la satisfaction de 41 % des usagers s’est détériorée au cours des dernières années, 7 Français sur 10 considèrent malgré cela le train comme un moyen de transport attractif, selon une enquête réalisée par Opinion Way pour le site Trainline.

Toujours selon la même enquête, 68 % des Français sont favorables à l’ouverture du rail à la concurrence et estiment que cette dernière aura un impact positif sur les fréquences, les services à bord, les tarifs, la facilité de réservation…

La libéralisation du rail débutera à la fin de l’année 2019 et dès juin 2020 Thello, la filiale française de Trenitalia, souhaite desservir la ligne à grande vitesse Paris-Gare de Lyon/Milan à raison de deux allers-retours quotidiens. 

En 2018, OUI.sncf a dépassé la barre symbolique des 4 milliards d’euros de volume d’affaires, soit une hausse de 3,2 % par rapport à 2017. Le site leader du e-tourisme a affiché également une hausse de 11 % de voyages vendus. 

Rennes, Montpellier, Lisieux, Paris-Gare du Nord et Nice : telles sont les pires gares de France selon les clients de la SNCF interrogés par la société ferroviaire. Les mieux notées : Meuse TGV, Belfort, Morlaix, Lorient et Poitiers.

17,8 % des TGV ont été en retard en 2018 contre 15,4 % en 2017 et 11,5 % en 2016 selon l’Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST). Par ailleurs, le taux de suppression des TGV a atteint 7,8 % contre 1 % en 2017 et 0,3 % en 2016. Retards et suppressions de trains : jamais les chiffres n’avaient atteint de tels niveaux. 

3 questions à Olivier Pinna
Directeur du marché Affaires, Entreprises et Agences de Voyages à la SNCF

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Les voyants sont au vert pour SNCF en 2019. La grande vitesse a encore attiré de nouveaux clients, et le nombre de voyages par client a augmenté, répondant aux attentes d’une mobilité moins chère, plus simple et plus responsable. SNCF vise 25 millions de clients supplémentaires d’ici 2020 et nous sommes déjà à plus de 2/3 du chemin. Pour atteindre cet objectif, notre stratégie grande vitesse s’appuie sur deux offres bien différenciées et complémentaires, INOUI et OUIGO. Le 9 mai nous avons également lancé une nouvelle gamme tarifaire simplifiée qui permet à nos clients, Pro comme Loisir, de voyager plus souvent en profitant de réductions sur tous leurs voyages.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Le secteur du transport ferroviaire en France est en pleine mutation et nous vivons depuis plusieurs mois les prémices de deux évolutions majeures, à venir en 2020 et porteuses d’un dynamisme nouveau dont profitera l’ensemble du secteur du voyage en France. En premier lieu, la réforme ferroviaire, qui sera mise en place en janvier, est amenée à transformer profondément la SNCF. Puis interviendra l’arrivée de la concurrence, avec déjà plusieurs nouveaux opérateurs déclarés pour opérer sur des trajets longue distance.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

Le premier défi est celui de l’écologie et du transport durable. La mobilité des personnes et des marchandises augmente et devrait croître de plus de 20 % d’ici 2050. Si le ferroviaire est déjà le mode de transport le plus durable, avec des émissions CO2 réduites par rapport à l’avion ou la voiture, SNCF souhaite aller encore plus loin en s’engageant vers d’avantage d’énergie renouvelable et une neutralité de ses émissions d’ici 2035. Le deuxième défi est celui de la multimodalité, visant à favoriser un transport toujours plus fluide et de bout-en-bout, articulé autour du train et offrant l’accès à toutes les mobilités locales. C’est dans cet esprit que SNCF et sa filiale e-voyageurs ont fait évoluer “l’Appli SNCF” qui devient “l’Assistant SNCF”, intégrateur et partenaire de toutes les mobilités et de tous les acteurs de la mobilité en France.


Photo © Oui SNCF


Interview ete 2019

Leave a Reply

%d bloggers like this: