Le transport aérien

Le transport aérien

L’essentiel

5,2 % : c’est la croissance du trafic aérien en France en 2018 par rapport à 2017, soit plus de 173 millions de passagers commerciaux, selon les chiffres de la DGAC. Un résultat d’autant plus significatif qu’il fait suite à une année de forte expansion (+6,1 % en 2017) mais qui reste inférieur à celui de nos voisins européens (+5,4 % dans les pays de l’Union européenne). 

L’événement

La menace planait depuis plusieurs semaines : avant l’été, le gouvernement a décidé de mettre en place dès 2020 une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les vols au départ de la France. Elle ne concernera ni les vols vers la Corse et l’Outre-mer, ni les vols en correspondance. Le prix des billets d’avion devrait donc augmenter d’autant. Cette mesure a soulevé un tollé général auprès des professionnels du voyage et des compagnies aériennes françaises. Air France, dont 50 % de l’activité est réalisée au départ de l’Hexagone, a ainsi calculé que “cette taxe représenterait un surcoût de plus de 60 millions d’euros par an”. 

Il a dit

“Les objectifs de certains aéroports français ne semblent plus être la facilitation du transport aérien mais des objectifs purement financiers comme cela a pu être observé dans des processus récents de privatisation”.

Jean-Pierre Sauvage, Président du BAR France (Board of Airlines Representatives)

Les chiffres clés

3,4 % : c’est la hausse du trafic intérieur en 2018 par rapport à 2017, à plus de 33 millions de passagers selon les chiffres de la DGAC. Le record de 2000 est donc battu. Si les liaisons transversales et celles reliant la Métropole aux Outre-mer progressent de 10 %, les liaisons métropolitaines desservant Paris reculent de 1,7 %.

5,6 % : c’est l’augmentation du trafic international en France en 2018 par rapport à 2017, proche des 140 millions de passagers (source : DGAC). 

A l’international, l’Europe, qui reste la zone d’échange privilégiée avec deux tiers du trafic international, progresse de 5,4 % en 2018 (source : DGAC). Le trafic avec la Tunisie (+15,7 %) confirme son net redressement pour la seconde année consécutive. 

En 2018, le trafic low cost a représenté 32 % du trafic national, 22 % pour Paris et 46 % pour les aéroports régionaux (source : UAF).

L’aéroport de Nice est toujours en 2018 la première plateforme régionale avec 13,85 millions de passagers (+4,1 % par rapport à 2017), devant Lyon (10,3 millions de passagers, +6,8 %), Toulouse-Blagnac (9,6 millions, +3,9 %), Marseille-Provence (9,4 millions, +4,8 %)… La plus forte progression est enregistrée par Nantes-Atlantique avec un trafic en croissance de 13 %.

105,3 millions : c’est le chiffre record de passagers atteint par les aéroports de Paris en 2018. Roissy a accueilli 72,2 millions de passagers, en hausse de 4 % par rapport à 2017, et Orly plus de 33 millions, en augmentation de 3,4 %. Seule ombre au tableau : le trafic domestique y est à la peine avec une baisse de 1,7 %.

0,7 % : c’est la hausse des tarifs aériens au départ de la France en 2018 (métropole + DOM), une accalmie après la forte augmentation de 3,1 % en 2017 selon la DGAC. Au départ de la métropole, les prix des billets sont en hausse de 2,8 % sur le court et moyen-courrier et en baisse de 0,9 % sur le long-courrier. 

Près de 50 % des recours à la Médiation Tourisme et Voyage (MTV) concernaient en 2018 des retards, annulations et surbooking dans l’aérien, soit dix points de plus qu’en 2017. Avec 10 141 demandes de médiation déposées en 2018, la MTV a enregistré une augmentation de 77 % des sollicitations par rapport à 2017.

Les compagnies les plus recherchées en France sur Google sont Air France (2,7 millions de requêtes par mois), suivie par Easyjet, Ryanair, Transavia, Volotea et Vueling. 

200 heures de débats, 37 réunions et 14 colloques : les Assises du transport aérien qui ont duré près d’un an ont unanimement déçu les professionnels de l’aérien avec des mesures pour la plupart symboliques. 

La future ligne de train CDG Express, censée relier la gare de l’Est à l’aéroport de Roissy, ne sera mise en service que fin 2025 et non pour les JO de 2024 comme il était initialement prévu.

Sur le premier semestre 2019, l’aéroport de Roissy est le moins fiable de France avec un vol sur quatre perturbé (soit enregistrant plus de 15 minutes de retard) selon AirHelp. Suivent les aéroports de Marseille et Nice avec 21 % et 20 % de vols perturbés. 

3 questions à Jean-Louis Baroux
Fondateur d’APG, Président de JLB Conseil

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Sur le plan mondial, pas trop mal. En France, la situation est plus difficile.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

L’arrivée en force des questions environnementales. Le transport aérien est une cible facile, voire trop facile. 

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

Il faudra d’abord gérer les effets du Brexit, alors que l’on ne connait ni les modalités ni la vraie date d’application. Et le transport aérien doit faire face au plus grand désastre technique avec la saga du Boeing 737 Max. Personne ne peut à ce stade chiffrer les dégâts économiques et ceux reliés à la confiance dans le produit. Enfin il faut prendre à bras le corps les questions environnementales si on ne veut pas que les autorités s’en occupent, avec les difficultés qu’elles peuvent créer par manque de connaissance du secteur.


Photo : Air Corsica


Interview ete 2019

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