Le tourisme de groupe

Le tourisme de groupe

L’essentiel

2,5 millions de voyages touristiques ont été réalisés en autocar par la clientèle française selon les derniers chiffres disponibles d’Atout France. L’autocar est surtout utilisé lors d’un voyage de groupe, à 32 % contre 0,7 % pour les voyages individuels, toujours selon les données d’Atout France. Pour rappel, le tourisme de groupe concerne les groupes composés de plus de dix personnes et partant au minimum deux jours.

L’événement

Près de 9 millions de personnes ont voyagé en “cars Macron” en 2018, trois ans après la libéralisation des lignes nationales d’autocars, soit une augmentation de 26 % par rapport à 2017. Une bonne performance due notamment à la pénurie de trains lors de la fameuse grève de la Sncf au printemps 2018, les voyageurs se tournant alors vers les entreprises de liaisons par autocar. Si l’équilibre économique de ce segment particulier du transport en autocar est encore précaire, son succès ne se dément pas. Il emploie près de 2 600 personnes et est désormais concentré entre les mains de deux principaux opérateurs après le rachat de Ouibus par Blablacar en novembre 2018 et ceux d’Eurolines et Isilines par Flixbus en mars 2019.

Il a dit

“Pour un TO qui prend des risques aériens, réaliser 25 % de son activité avec les groupes est une bonne proportion”

Patrice Caradec, président d’Alpitour France

Les chiffres clés

10,2 milliards d’euros : c’est le poids du tourisme de groupe, dont 1,6 milliard en France et 8,6 milliards à l’étranger selon une étude réalisée en 2017 par Protourisme pour Atout France. Pour rappel, un groupe est composé de plus de 10 personnes et part deux jours au minimum, hors voyages d’affaires. 

4,3 % : c’est la croissance de l’activité voyages de groupes des comités d’entreprises (CE) français en 2018 selon une étude réalisée par Detectour. Les entreprises représentent entre 35 % et 40 % des voyages de groupe. 

48 % des comités d’entreprises proposent au moins un voyage de groupe par an et 74 % de ces CE organisent au moins un groupe hors de France, toujours selon la même étude.

Le podium des destinations étrangères est constitué de l’Italie, l’Espagne et la Grèce. Sur le long-courrier, Etats-Unis et Afrique du Sud sont loin devant. 

Le circuit est la formule préférée des voyages de groupe organisés par les CE en 2018, en croissance de 4,4 %, devant le week-end city (+6,1 %), le balnéaire méditerranée (+2,5 %), le week-end parcs (+3,1 %), le balnéaire long-courrier (+10 %) et les croisières (-1 %), selon l’étude réalisée par Detectour.

Le transport routier de voyageurs (dont le tourisme en autocar) représente près de 3 500 entreprises et plus de 100 000 salariés dont 84 % de conducteurs selon les chiffres de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV). 

L’autocar est aussi une alternative verte à la voiture : un autocar, c’est 30 voitures de moins sur la route ! Pour transporter une personne sur 100 kilomètres, il faut 0,6 à 0,9 litres de carburant en autocar contre 2,6 litres en TGV, 5,9 litres en voiture diesel et 6,6 litres en avion (source : Smart Move). 

Utiliser la voiture revient 3 fois plus cher que l’autocar et voyager en train est deux fois plus coûteux selon les chiffres de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV). 

12,5 millions : c’est le nombre de touristes qui viennent à Paris chaque année en autocar, a tenu à rappeler la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV) après les polémiques lancées par les candidats à la mairie de Paris Benjamin Griveaux et Gaspard Gantzer qui souhaitent limiter voire interdire les cars touristiques dans la capitale. 

3 questions à Sylvain Lament
Président du Cercle Economique des Agences Groupistes et Pdg de Syltours

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

L’année 2019 est plutôt un bon millésime, on observe notamment une belle reprise sur le long courrier. Le tout malgré un début d’année difficile lié au passage au CSE* qui a généré des retards dans les prises de commande 

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

On ne peut pas dire qu’il y ait une évolution majeure, sinon que les consommateurs sont de plus en plus avertis et vigilants et que le secteur du voyage de groupe est de plus en plus professionnel.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

Notre inquiétude, et elle est forte, concerne les pouvoirs publics : vont-ils un jour taxer les aides versées par les CE et les CSE qui permettent notamment d’organiser les voyages de groupe ? Jusqu’à présent, nous avons su mobiliser, via une pétition et des actions de lobbying auprès des différents acteurs économiques du marché. Mais ce sujet revient sur le tapis d’une manière assez répétitive…

*Le Comité Social et Economique (CSE) est la nouvelle instance représentative du personnel née de la fusion des CE (comité d’entreprise) des DP (délégués du personnel) et du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

3 questions à Jean-Sébastien Barrault
Président de la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs (FNTV)

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Le transport routier de voyageurs est un secteur qui recrute chaque année plusieurs milliers salariés supplémentaires. Il est néanmoins touché depuis quelques années par une grave pénurie de conducteurs qui affecte de manière importante l’activité des entreprises. 

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

La profession connaît une révolution profonde en termes de transitions énergétique et digitale ainsi que du fait de l’essor des nouveaux acteurs de la mobilité et des plateformes numériques. Ces évolutions se traduisent par des mesures concrètes dans le projet de loi d’orientation des mobilités en cours d’examen par le Parlement. 

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

L’emploi est le chantier majeur de la FNTV : entreprises et syndicats travaillent de concert pour tenter de résorber la pénurie de conducteurs, améliorer l’attractivité des métiers et valoriser leur image. Le second défi est l’accompagnement de nos entreprises dans la transition énergétique. 


Photo © Flixbus


Interview ete 2019

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