Le e-tourisme

L’essentiel

9 % : c’est la hausse du marché du voyage en ligne en France en 2018 selon une estimation de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). C’est moins bien qu’en 2017 (+13 %) mais nettement mieux qu’en 2016 (+3 %) ou en 2015 (+4 %). Au premier trimestre 2019, toujours selon la Fevad, les ventes en ligne de voyages continuaient de progresser mais à un rythme moindre de 5 %. 

L’événement

En bouclant un tour de table de 70 millions d’euros en septembre 2018, Evaneos a réalisé l’une des levées les plus importantes de l’année de la French Tech. Après avoir déjà levé 18 millions d’euros en 2016… Devenu un acteur européen établi sur neuf marchés dont la France, l’entreprise créée par Eric La Bonnardière et Yvan Wibaux compte se développer aux Etats-Unis et fête en 2019 ses dix ans d’existence. 

Il a dit

“Nous souhaitons dans le futur que le voyageur réserve l’ensemble du voyage. Nous allons continuer à expérimenter. Nous voulons nous assurer que le client utilise Booking.com pour tous les services, dont le vol”. 

Glenn Fogel, Pdg de Booking Holdings

Les chiffres clés

44 % des produits et services touristiques étaient désormais en 2018 achetés en ligne selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

55 % des voyageurs français ont réservé et payé en ligne tout ou partie de leurs séjours sur internet en 2018, contre 50 % en 2016 selon le baromètre Opodo/Raffour.

79 % des Français partis ont consulté des sites ou applications pour préparer leurs séjours en 2017, un chiffre identique à celui de l’année précédente, selon le même baromètre.

58 % des Français partis ont utilisé leur smartphone ou tablette pour préparer ou réserver leurs séjours de loisirs en 2018, avec une prééminence pour les appareils qui utilisent la géolocalisation, toujours selon le baromètre Opodo/Raffour. 

A la fin de l’année 2018, Booking.com était la 3ème marque du e-commerce français en termes de trafic derrière Amazon et Cdiscount selon Mediamétrie. Oui.sncf était la 6ème et Airbnb la 13ème

19 % des Français connectés ont utilisés des chatbots en 2018, mais 6 % seulement dans le domaine du voyage selon une étude Next Content/KPMG. C’est le reflet d’une offre de services encore peu développée.

35 % des ventes des tour-opérateurs se font par internet (en direct ou via des distributeurs) selon une étude Next Content/KPMG.

Parmi les acteurs privés du travel en France, les dépenses marketing et communication sur internet représentent 33 % du total du budget, tous canaux confondus selon la même étude Next Content/KPMG.

3 questions à Benoît Crespin
Président de la commission Digital et Innovation des Entreprises du Voyage et Directeur France d’eDreams Odigeo

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

En 2018, le tourisme représentait 44 % des parts de marchés du e-commerce (source : Fevad). L’activité de la vente de voyage en ligne se porte bien avec un secteur de plus en plus compétitif. Des acteurs européens et mondiaux qui sont challengés par des géants du numérique et une belle vitalité de start-up et de nouveaux acteurs. Selon le cabinet Phocuswright, le marché global des ventes de voyages en France devrait peser 48,5 milliards d’euros en 2021, contre 43,6 milliards d’euros en 2017. 

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Le mobile continue de prendre de l’ampleur. Chez eDreams Odigeo, 39 % de nos réservations de vols sont effectuées via mobile (FY19) contre 28 % pour le reste de notre industrie. Notre challenge est d’afficher les résultats les plus pertinents sur un écran réduit. Autre évolution de cette année, la mise en place du règlement général sur la protection des données (RGPD) qui a permis de renforcer et unifier la protection des données personnelles au sein de l’Union Européenne.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

L’anticipation est notre défi principal en vue de la constante évolution des habitudes de consommation et des demandes des voyageurs. Nous devons être innovant dans un monde en perpétuel mouvement. La personnalisation est le maître mot et nous devons anticiper les souhaits du client. L’intelligence artificielle nous accompagne, il est cependant primordial de nous munir des meilleurs talents en data afin d’accroître toujours plus notre connaissance du voyageur. Notre seconde priorité est d’alerter la Commission Européenne sur le manque de protection des entreprises et des clients européens. Nous lui demandons d’assurer une équité de réglementation entre tous les acteurs en termes d’information et de protection du consommateur.


Interview ete 2019