La distribution des voyages

L’essentiel

En 2018, les agences de voyages ont confirmé les bonnes tendances observées en 2017. Selon le baromètre des Entreprises du Voyage, les départs cumulés entre janvier et décembre 2018 sont en hausse de 3 % alors que leur volume d’affaires est en progression de 4 %. Au cours des 8 premiers mois de 2019 l’activité est stable par rapport à 2018.

L’événement

Raté ! Dans un arrêt du 12 juillet 2019, le Conseil d’Etat a rejeté la requête conjointe des Entreprises du Voyage, du Seto et de l’APST visant à supprimer leur responsabilité de plein droit. Selon ces derniers, le gouvernement français a procédé à une ”surtransposition” de la directive européenne sur les voyages à forfait en conservant la responsabilité de plein droit. Le Conseil d’Etat les a donc retoqués. Dans le cadre d’un forfait, ils continueront donc à être automatiquement responsables à l’égard de l’acheteur en cas de mauvaise exécution du service, même si c’est le fait d’un tiers, si c’est la faute du client ou en cas de force majeure. 

Il a dit

“Taxer le kerosène n’améliorera pas la contribution au réchauffement climatique, c’est de l’enfumage écologique”. 

Jean-Pierre Mas, Président des Entreprises du Voyage

Les chiffres clés

Ce qui s’est le mieux vendu en agences de voyages en 2018 ? Les destinations moyen-courrier, en hausse de 6 % en nombre de clients, suivies par les destinations long-courrier (+2 %) et la France (+1 %). 

Pour l’été 2019, les destinations qui ont le vent en poupe en agences de voyages sont la Turquie, la Tunisie, l’Egypte et la Croatie en moyen-courrier, le Mexique, la République Dominicaine et l’Ile Maurice en long-courrier. 

53 : c’est le nombre de défaillances d’agences de voyages en 2018 selon le cabinet Altarès, un chiffre en baisse constante depuis 2015.

4 800 : c’est le nombre d’agences de voyages et de voyagistes en France selon la dernière étude de l’Insee sortie en janvier 2019. Des entreprises qui emploient 28 000 salariés équivalent temps plein. 

Selon la même étude de l’Insee, les 4 800 agences de voyages et voyagistes ont réalisé en chiffre d’affaires de 11,8 milliards d’euros en 2016, en progression de 3,1 % depuis 2010.

L’Insee précise que 50 % du chiffre d’affaires des agences de voyages provient d’une clientèle d’entreprises, 46 % des particuliers et 4 % des administrations ou collectivités locales. 

18,3 % des agences de voyages se situent en Ile-de-France, 15,3 % en Auvergne-Rhône-Alpes et 10,3 % dans le Grand Est, toujours selon l’Insee qui précise que les structures de 10 à 249 salariés réalisent la moitié du chiffre d’affaires du secteur. 

85 % des agences de voyages en France sont membres d’un réseau selon les Entreprises du Voyage. 

3 questions à Jean-Pierre Mas
Président des Entreprises du Voyage

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Le secteur se portait bien jusqu’au « septembre noir » que nous subissons. Quelques signes de vigilance : un tassement des déplacements à caractère professionnel, un léger retrait des ventes de voyages à forfait, compensé par l’organisation de voyages sur-mesure « co-construits » avec les voyageurs.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

L’intérêt des start-ups et, plus généralement, des nouveaux acteurs pour le voyage traduit l’attractivité et le dynamisme de notre secteur. 

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

J’en vois au moins trois :

Les relations déséquilibrées et inéquitables entre les agences de voyages et IATA. Et la nécessité d’imposer à IATA et aux compagnies aériennes une garantie des fonds avancés par les agences de voyages et les voyageurs.

L’incidence de la faillite de Thomas Cook ne signifie pas que le secteur est faible mais qu’un leader mondial peut être mal géré et vivre encore au 20ième siècle. La chute de Thomas Cook produira des effets systémiques sur toute l’industrie : destinations, hôtels, transport, agences de voyages, tour-opérateurs, réceptifs…

Le “risque de réputation” du transport aérien, pour reprendre l’expression d’Alexandre de Juniac, président de IATA, consécutif à la médiatisation de la contribution de l’avion au réchauffement climatique.


Interview ete 2019