Destination France

Destination France

L’Essentiel

89,4 millions : c’est le nombre de touristes internationaux qui ont visité la France en 2018, soit une hausse de 3 % par rapport 2017 malgré les manifestations des gilets jaunes (cf L’Evénement). La France reste donc la première destination touristique mondiale devant l’Espagne (81,8 millions), les Etats-Unis (76,9 millions) et la Chine (60,7 millions). Autre record : ces visiteurs ont généré 56,2 milliards de recettes (soit autant que les exportations du secteur aéronautique), en augmentation de 5 %. Des résultats dus en grande partie à l’augmentation des touristes venus d’Asie, en hausse de 7,4 %, notamment en provenance d’Inde (+16 %) et du Japon (+11 %). La clientèle européenne reste cependant, et de loin, la première (79 %).

L’événement

Sans les gilets jaunes, la France aurait sans doute franchi la barre des 90 millions de touristes. Mais c’est surtout au premier trimestre 2019 que l’effet gilets jaunes s’est fait sentir. De janvier à mars, la fréquentation des hébergements touristiques a baissé de 2,5 % comparé à la même période en 2018. Un recul plus marqué pour les touristes étrangers (-4,8 %) que pour les touristes français (-1,5 %). Sans surprise, c’est à Paris que l’effet gilets jaunes a été le plus durement ressenti : fin mars, la perte de chiffre d’affaires pour l’hôtellerie-restauration de la capitale et de l’Ile-de-France s’élevait à plus de 250 millions d’euros selon le Groupement National des Indépendants (GNI). 

Il a dit

“Il faut que nous anticipions pour ne pas subir. D’ici 2030, il y aura 1,8 milliard de touristes de dans le monde. Cela aura des conséquences sur la France, première destination touristique mondiale. Nous devons mieux diffuser les flux de visiteurs sur tout le territoire”.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat au tourisme, qui a créé en janvier 2019 un groupe de travail sur le tourisme durable dont les propositions seront soumises au conseil interministériel du tourisme d’octobre. 

Les chiffres clés

Selon les tous derniers chiffres de la DGE (Direction Générale des Entreprises), le tourisme représente 7,2 % du PIB en France. 

Toujours selon la DGE, le tourisme représente 313 000 entreprises totalisant 1,127 million de salariés équivalent temps plein. 

En 2018, il y avait 1 567 offices du tourisme et syndicats d’initiative en France, un chiffre en baisse de 29 % par rapport à 2017. 

Dans le classement des parcs d’attraction les plus fréquentés d’Europe en 2018, la France place 5 de ses parcs dans le top 20, soit 21,5 millions de visiteurs dont un peu plus de 15 millions pour Disneyland Paris, et 2,3 millions pour le Puy du Fou. 

En cas de Brexit dur, un no-deal aurait de lourdes conséquences pour le tourisme mondial selon Euromonitor. Pour la France, le manque à gagner se chiffrerait ainsi à 500 millions de dollars sur la période 2019-2025.

Comment l’Etat peut-il décréter le tourisme comme priorité nationale et, dans le même temps, réduire le budget alloué à son principal acteur de la promotion à l’étranger ? C’est l’interrogation de nombreux acteurs touristiques après l’annonce le 22 mars de l’obligation pour Atout France de trouver 4 millions d’économies. 

Avec 50 millions de touristes accueillis en 2018, l’Ile-de-France a battu pour la deuxième année consécutive son record de fréquentation. 

Pour la première fois en 2018, les hôtels d’Ile-de-France ont accueilli davantage d’étrangers (17,6 millions, +8,7 %) que de Français venus d’autres régions (17,5 millions, -1,1 %).

Au palmarès des nationalités reçues par les hôteliers d’Ile-de-France en 2018, les Américains arrivent en tête (2,8 millions) devant les Britanniques (2 millions), les Allemands (1,22 million), les Chinois (1,19 million) et les Espagnols (1,14 million). 

En 2018, les sites touristiques les plus visités en Ile-de-France étaient la Cathédrale Notre-Dame (12 millions de visiteurs) devant le Musée du Louvre (10,2 millions), le Château de Versailles (8,1 millions), la Tour Eiffel (6 millions) et le Centre Pompidou (3,5 millions). 

Paris serait la ville la plus chère du monde, à égalité avec Singapour et Hong Kong, selon le magazine britannique The Economist qui a mis au point un indice de coût de la vie qui permet de mesurer les prix de 160 produits et services. 

CDG Express, la navette controversée qui doit relier Roissy à Paris en 24 minutes, ne sera pas mis en service en 2024 pour les Jeux Olympiques comme il était prévu initialement mais fin 2025 au mieux. 

Dès 2020 et à l’instar des tour-opérateurs, les 53 parcs naturels régionaux de France proposeront via une interface des séjours combinant hébergement et activités, souhaitant tirer parti de l’engouement des vacanciers pour des séjours au vert, respectueux de l’environnement.

En 2016, 21 millions de séjours ont donné lieu à la pratique de la randonnée pédestre, un chiffre en hausse de 25 % par rapport à 2007, selon une dernière étude publiée par Atout France en mars 2019. La randonnée pédestre représente ainsi 9 % des séjours touristiques des Français. Avec les Pays-Bas et l’Allemagne, la France est l’un des pays qui a le plus d’appétence pour cette activité, grâce à ses 100 000 km de sentiers de grande randonnée et ses 85 000 km d’itinéraires de promenade. 

3 questions à Caroline Leboucher
Directrice Générale d’Atout France

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2019 ?

Au cours du 2ème trimestre 2019, les nuitées hôtelières des visiteurs internationaux en France ont enregistré une hausse de plus de 2 % (soit 465 000) et les recettes générées ont quant à elles augmenté, sur le premier semestre, de près de 500 millions d’euros par rapport à l’an passé (soit +2 %). La saison estivale s’annonce par ailleurs plutôt satisfaisante.  La destination demeure attractive et constitue toujours un incontournable pour beaucoup de voyageurs, elle reste, d’après l’OMT, 1ère destination mondiale en volume, avec plus de 90 millions de visiteurs internationaux accueillis en 2018.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Nous constatons une réelle prise de conscience des acteurs du tourisme sur l’enjeu d’un tourisme plus durable. S’il reste énormément à faire, nous observons que cette dimension est aujourd’hui quasi-systématiquement intégrée pour les projets à venir. Un tourisme qui doit être durable mais aussi responsable en respectant par exemple, dans son développement, la quantité de visiteurs qu’une population s’estime prête à accepter…

Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est aujourd’hui confronté ?

Au-delà de ces enjeux sociétaux, emploi et investissements sont 2 défis majeurs. Le secteur du tourisme a un rôle majeur à jouer pour l’économie française pour la création de richesses et le développement équilibré des territoires. Des travaux sont déjà menés sur le volet emploi / formation. Concernant les investissements, 3 programmes que nous développons actuellement dans le cadre du dispositif France Tourisme Ingénierie vont permettre d’aider les différentes destinations françaises à se doter d’une offre encore plus diversifiée et performante qui contribuera à l’économie locale.


Photo : Paris by night © Benh Lieu Song


Interview ete 2019

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