Le voyage d’affaires

L’essentiel

3,6 % : telle sera la hausse en 2018 des dépenses de voyages d’affaires en France, à plus de 29,2 milliards d’euros après une hausse de 3,5 % en 2017, selon le cabinet Epsa.

L’événement

Les PME gèrent désormais leurs voyages comme les grandes entreprises. C’est la conclusion d’une étude menée par Egencia menée en 2018. Près de 85 % des PME interrogées par la TMC ont déclaré que « la recherche d’économies supplémentaires » figurait dans leur top 3 des priorités pour l’année à venir. C’est la priorité numéro 1 pour 60 % des sondés. Les deux autres priorités sont « le gain de productivité pour le voyageur » pour 50 % des sondés et « l’amélioration de la transparence des frais de déplacements » pour 40 % de sondés. Jusqu’ici, les PME se concentraient surtout sur l’amélioration ou l’extension de la politique voyages ou la précision des accords conclus avec les fournisseurs. En 2018, ces critères ne font plus partie des priorités.

Les chiffres clés

Les entreprises pourraient réaliser 15 % d’économies supplémentaires si elles faisaient appliquer leur politique voyages selon BCD Travel. En effet, 50 % des réservations d’hôtel sont effectuées en dehors des politiques voyages.

82 % des voyageurs de moins de 35 ans préfèrent faire eux-mêmes leurs réservations (source : BCD Travel)

2 322 euros : c’est le montant moyen des notes de frais annuelles d’un voyageur d’affaires français selon Expensya. Cette somme se compose en moyenne de 48 dépenses.

1 voyageur sur 3 a profité en 2017 de son déplacement pour poursuivre son séjour à titre privé (source : FCM Travel Solutions)

60 % des voyageurs souhaitent toujours conserver une interaction humaine même lorsqu’ils ne rencontrent aucun problème (source : Egencia) et seulement 11 % des voyageurs pensent que les agents virtuels vont remplacer les conseillers voyages humains (FCM Travel Solutions).

58 % : c’est la part des entreprises pour lesquelles le manque de garanties de sécurité est un frein au recours aux offres issues de l’économie collaborative (source : American Express GBT).

Seuls 28 % des acheteurs européens sont très satisfaits du service client des agences de voyages selon Traveldoo qui ajoute que 23 % seulement des sondés considèrent que leur agence de voyages est proactive.

46 % des salariés français considèrent que leurs voyages professionnels ont été absolument décisifs pour leur business (FCM Travel Solutions & déplacementspros.com)

48 % des salariés français considèrent que leur employeur pourrait leur venir en aide s’il se trouvait dans une situation risquée (OpinionWay). Une préoccupation très forte chez les Millenials : 29 % sont susceptibles d’annuler un voyage pour des questions de sécurité contre 12 % des baby-boomers.

En matière de sécurité, les voyageurs d’affaires français ont plus peur dans le métro et les gares (63 %) que dans les aéroports (40 %) selon Carlson Wagonlit Travel.


Michel Dieleman3 questions à Michel Dieleman,
Président de l’AFTM (Association Française du Travel Management)

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2018 ?

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, l’humain doit tenir une place centrale dans la gestion du mobility management. Les pratiques évoluent pour laisser plus de liberté et de flexibilité au collaborateur tout en le responsabilisant sur le respect des règles de l’entreprise, mais aussi sur sa propre sûreté. Ces changements sont évidemment portés par d’importants développements technologiques, intégrant personnalisation et gamification.  

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

L’année 2018 a été marquée par l’intelligence artificielle et sa promesse d’améliorer l’expérience client. C’est à l’aide de chatbots, assistants personnels et autres objets connectés que le parcours du voyageur d’affaires a d’ores et déjà commencé à se fluidifier et à gagner en efficacité. Reste à explorer l’apport de ces technologies pour les entreprises, avec entre autres, l’usage du prédictif dans l’optimisation des achats travel et la prévention des fraudes.

IFTM Top Resa fête ses quarante ans cette année, comment souhaiteriez-vous voir évoluer le salon ?

40 ans, n’est-ce pas synonyme de maturité ? S’il a déjà obtenu ses lettres de noblesse, ce salon a pris une autre dimension depuis qu’il se tient à Paris. Le Club Affaires en est un exemple édifiant. L’AFTM est fière de contribuer à l’animation de ce riche espace d’échanges de l’industrie du voyage d’affaires. L’élan impulsé ces dernières années au business travel doit se poursuivre, l’intérêt grandissant des exposants pour prendre part à IFTM Top Resa augure un avenir prometteur à ce salon, c’est juste une évidence.