Le transport aérien

L’essentiel

6,1 % : c’est la croissance du trafic aérien en France en 2017 par rapport à 2016, soit plus de 164 millions de passagers commerciaux, selon les chiffres de la DGAC qui précise qu’il s’agit de la meilleure progression annuelle jamais enregistrée. Seule ombre au tableau : la part du pavillon français continue de s’éroder, à 42,1 % contre 42,9 % en 2016.

L’événement

Depuis le 20 mars 2018 se sont ouvertes les Assises du transport aérien. Objectif : redonner aux compagnies aériennes françaises un peu d’air et d’altitude alors que leur part de marché ne cesse de baisser et qu’elles ne captent que 10 % de la croissance du trafic aérien français. Lestées par un fardeau fiscal et réglementaire, elles souhaiteraient voir lever un certain nombre de handicaps. Ces Assises ont lancé plusieurs mois de consultations et de réunions autour du thème de la performance et de 5 axes de travail : économique, social, environnemental, aménagement du territoire et innovation). Elles s’achèveront fin septembre mais déjà les compagnies françaises semblent se faire peu d’illusions quant aux conclusions.

Les chiffres clés

3,5 % : c’est la hausse du trafic intérieur en 2017 par rapport à 2015, à 32,1 millions de passagers selon les chiffres de la DGAC. Le trafic entre la métropole et les départements d’Outre-mer fait encore mieux avec une croissance de 5,6%, à 4,2 millions de passagers.

6,7 % : c’est l’augmentation du trafic international en France en 2017 par rapport à 2016, à 131,9 millions de passagers (source : DGAC). Soit 33 millions de plus qu’en 2007 !

A l’international, l’Espagne confirme son rang de première destination du marché français (13,6 millions de passagers, +4,7 %), devant le Royaume-Uni (13,4 millions, +6,2 %), l’Italie (11,4 millions), l’Allemagne (8,9 millions) et les Etats-Unis (8,1 millions) (source : DGAC).

45,3 % : c’est la part du trafic low cost en France en 2017 par rapport à 2016 hors plateformes parisiennes selon les chiffres de l’Union des aéroports français (UAF). La hausse du trafic low cost a contribué l’année dernière à hauteur de 56,9% à l’augmentation totale du trafic.

Côté aéroports, la palme de la croissance en 2017 revient à Nantes (+14,9 %), Toulouse-Blagnac (+14,6 %), Bâle-Mulhouse (+7,9 %), Bordeaux-Mérignac (+7,7 %).

Côté aéroports parisiens, l’année 2017 voit une nette reprise du trafic à Roissy-CDG (+5,4 %) et une progression plus timide à Orly (+2,6 %).

2,9 % : c’est la hausse moyenne des tarifs aériens au départ de la France en 2017 toutes destinations confondues selon la DGAC. Il s’agit de la première hausse depuis 2012. Une progression particulièrement forte sur les liaisons long-courrier (+4,3 %) et notamment sur l’Amérique du Nord (+6,7 %). Sur le moyen-courrier, l’augmentation se limite à 2,5 %.

Le profil type des passagers des aéroports français selon la DGAC ? Des hommes en majorité (53 %) âgés de 26 à 55 ans (65 %) qui sont pour plus de la moitié de nationalité française. Leur destination finale est l’Union européenne (64 %). Les motifs professionnels représentent 28 % des voyages contre 49 % pour les loisirs.

+500 % : c’est l’augmentation du coût de la sûreté dans le transport aérien en France depuis 2001 selon la FNAM.

254 : c’est le nombre de jours de grève cumulés entre 2004 et 2016 des contrôleurs aériens français. Un record en Europe selon l’Association des compagnies aériennes européennes.


JP SAUVAGE3 questions à Jean-Pierre Sauvage,
Président du BAR* (Board of Airlines Representatives

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2018­ ?

Après une année record au niveau mondial, le trafic continue de se développer à un rythme dépassant les 6 %, laissant augurer un résultat final annuel dépassant les 4,6 milliards de passagers transportés et des résultats financiers positifs dans la ligne de ceux observés l’année précédente. En France, les résultats sont également satisfaisants avec une progression totale accumulée de près de 5 % au premier semestre. Il est à noter que l’international enregistre une croissance supérieure, à 5,5%, due notamment aux gains de trafic spectaculaires enregistrés sur les destinations USA (+6,1 %), Turquie (+13,7 %), l’Espagne (+7,3 %) et le Maroc (+11,1 %) ainsi que la Tunisie (+17,7 %).

Quelle est selon vous l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

Le secteur aérien est entré dans une phase de modification structurelle importante provoquant une rapide transformation des modèles répondant à la demande et aux comportements d’achat des passagers ultra sensibles en premier lieu aux prix proposés.

Ceci appelle les compagnies à s’interroger sur la nécessité de disposer de la taille critique nécessaire pour pouvoir assurer leur pérennité dans un contexte concurrentiel de plus en plus féroce du fait du formidable développement des opérateurs à bas coûts long-courrier. Ceci dit, les arbres ne pouvant grimper jusqu’au ciel, il faudra compter avec les problèmes endémiques des restrictions d’espace aérien et de son corollaire que sont les grèves à répétition des contrôleurs aériens ainsi que les saturations aéroportuaires contraignant les transporteurs à des restrictions opérationnelles freinant leur activité.

IFTM Top Resa fête ses 40 ans cette année, comment souhaiteriez-vous voir évoluer le salon ?

Tout en conservant l’esprit Top Resa en étant un lieu convivial d’échanges professionnels, le salon a atteint sa maturité par sa dimension et le nombre de participants étrangers et son contenu évènementiel. A l’instar de certains autres salons internationaux, peut-être serait-il souhaitable de consacrer une journée ouverte au public pour en faire le grand rendez-vous public des voyages d’affaires et de tourisme renforçant ainsi sa notoriété tout en permettant aux exposants de capitaliser plus largement sur leur investissement.

* Le BAR est composé des 80 représentants de compagnies opérant en France, soit 75 % du BSP.