La distribution des voyages

L’essentiel

Les agences de voyages retrouvent des couleurs en 2017 ! Selon le baromètre des Entreprises du Voyage, les départs cumulés entre janvier et décembre 2017 sont en hausse de 3 % alors que leur volume d’affaires est en progression de 2 %. Seul le panier moyen est en repli de 1,5 %. Quant aux réservations cumulées, elles sont en hausse de 7 % en 2017, soit un volume d’affaires en croissance de 8,5 %.

L’événement

Ce fut la grande affaire de l’année 2017 : l’annonce par Air France de l’instauration dès le 1er avril d’une surcharge de 11 euros pour toute réservation effectuée via un GDS. Objectif : favoriser le déploiement de NDC, la nouvelle norme de distribution établie par IATA. L’offensive d’Air France a déclenché une vague de protestations des agences de voyages pendant plusieurs mois. Résultat ? Personne ou presque ne paie cette surcharge car les réseaux d’agences de voyages et les Entreprises du Voyage (EDV) ont conclu des accords avec la compagnie aux termes desquels ils utilisent un « private channel », système transitoire en attendant le déploiement de NDC. Quand ? On parle de 2019, mais sans garantie !

Les chiffres clés

Les agents de voyages interrogés par Raffour Interactif dans son baromètre annuel étaient 61 % à avoir confiance dans l’avenir contre 25 % en 2016 !

56 % des clients venus en agences de voyages pour se renseigner réservent en agences selon une étude de Raffour Interactif. Un taux de conversion en très légère hausse d’un point par rapport à 2016 et surtout imbattable dans le monde du commerce !

60 % des voyageurs d’affaires français souhaitent toujours conserver une interaction humaine même lorsqu’ils ne rencontrent aucun problème (source : Egencia) et seulement 11 % des voyageurs pensent que les agents virtuels vont remplacer les conseillers voyages humains (FCM Travel Solutions).

Une enquête de Yougov (novembre 2017) révèle que si les Français plébiscitent massivement Internet pour acheter leurs billets d’avion, ils sont encore un sur cinq à solliciter les agences de voyages, dont 25 % parmi les baby-boomers mais seulement 10 % chez les millennials (18-34 ans). 

54 agences de voyages ont été placées en liquidation judiciaire en 2017 contre 68 en 2016 selon le cabinet d’études Altarès.

Selon un sondage réalisé par le journal Tour Hebdo auprès de 600 agents de voyages, la plus forte proportion des répondants (27,4 %) gagne entre 1 500 et 1 700 euros brut par mois, 19,2 % entre 1700 et 1900 euros, 15,7 % entre 1 900 et 2 100 euros et enfin seulement 19,4 % plus de 2 100 euros.

Toujours selon la même étude de Tour Hebdo, seuls 34 % des agents de voyages perçoivent un salaire qui comporte une part variable et pour 70 % d’entre eux, elle est de moins de 10 %.


Jean-Pierre MAS © Alexandre Nestora3 questions à Jean-Pierre Mas,
Président des Entreprises du Voyage

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2018 ?

Bien. En matière de tourisme, 2017 a été une année record. Les 7 premiers mois de 2018 demeurent positifs (+2 % en départs), avec des performances contrastées : la France métropolitaine et les Antilles sont en léger retrait. Le moyen-courrier est en hausse de 6 % et le long-courrier de 4 %. Les français reviennent en Tunisie (+66 %), en Turquie (+82 %) et en Egypte (+141 %). Des destinations telles que le Maroc, la Réunion, l’Ile Maurice, la Chine et le Vietnam enregistrent des progressions à deux chiffres. Malgré un printemps perturbé par les grèves d’Air France, le BSP France est en progression de 4 %.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

La transposition de la directive européenne qui pénalise inutilement les entreprises françaises par rapport à leurs concurrentes européennes. Et bien sûr, le nouveau modèle économique de la chaîne Compagnies aériennes – GDS – Agents de Voyages.

IFTM Top Resa fête ses 40 ans cette année, comment souhaiteriez-vous voir évoluer le salon ?

Tout d’abord un salon qui intègre la France avec les destinations étrangères et qui soit à la fois la vitrine de notre pays et une fenêtre ouverte sur le monde.  Ensuite une plus grande professionnalisation des visites (rendez-vous), un lieu d’échanges, de débats et bien évidemment la possibilité de nouer ou de renforcer des relations professionnelles. Enfin une journée « grand public » en fin de salon.