L’hôtellerie

L’essentiel

900 millions d’euros

C’est le manque à gagner des hôteliers français en 2016 selon le cabinet MKG Hospitality. Attentats, grèves, sentiment d’insécurité : l’hôtellerie française a vécu sa pire année depuis 2009 avec un revenu par chambre disponible (RevPar), indicateur clé du secteur, en recul de 5,1 %, un taux d’occupation en repli de 1,2 points en moyenne et un prix moyen des chambres en baisse de 3,3 %. Des chiffres à nuancer cependant car hors Paris et PACA, tous les résultats sont positifs, grâce notamment à l’Euro de football qui s’est déroulé en juin-juillet 2016 en France.

L’événement

Airbnb poursuit son insolente percée en France. La plateforme de location d’appartements entre particuliers affirme ainsi avoir contribué à l’activité économique à hauteur de 6,5 milliards d’euros, en totalisant 8,3 millions d’arrivées voyageurs en 2016. Elle revendique aussi avoir soutenu 30 600 emplois contre 13 300 l’année précédente. Toujours selon ses chiffres, elle totaliserait 300 000 hôtes en France et environ 400 000 annonces réparties sur plus de 19 000 villes et villages. Un succès qui ne plaît pas à tout le monde : les hôteliers estiment que ce type de plateforme, non soumis aux mêmes contraintes légales et fiscales, constitue un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros.

Les chiffres clés

Plus de 50 % du chiffre d’affaires de l’hôtellerie en France est enregistré par les régions Ile-de-France et PACA. Leurs fréquentations respectives ont reculé de 5,5 points et 1,3 points. Leurs RevPar de 14,6 % et 2,8 %.

A Paris, les hôtels haut de gamme ont été particulièrement affectés en 2016 avec un RevPar en chute de 21 % selon Deloitte/In Extenso.

Hors Paris et PACA, les établissements 5 étoiles affichent une croissance quasiment à deux chiffres de leur RevPar, à +9,6 %.

Avec 200,1 millions de nuitées enregistrées par l’Insee en 2016, l’hôtellerie pèse la moitié du volume des nuitées touristiques marchandes (401,1 millions) reçues en France.

34,8 % des nuitées C’est, toujours selon l’Insee, la part de la clientèle étrangère qui a fréquenté l’hôtellerie française en 2016 contre 36,5 % en 2015. Les plus fortes baisses concernent les Japonais (-38,7 %), les Russes (-22,5 %), les Chinois (-20,1 %) et les Italiens (-18,9 %).

83 % C’est la proportion d’hôtels indépendants au sein des établissements hôteliers en France. Ils représentent 61 % des chambres et 53 % des parts de marché selon Coach Omnium. Leur taille est réduite : 26 chambres en moyenne.

18 172

C’est le nombre d’hôtels classés que comptait le marché français début 2017, cumulant 64 8871 chambres selon une étude réalisée par Coach Omnium. 44 % des hôtels classés affichent à présent de 3 à 5 étoiles contre 27 % en 2009 et 19 % en 1995.

4,6 % C’est la hausse du RevPar enregistrée par l’hôtellerie française de janvier à mai 2017. Le taux d’occupation gagne 3,1 points pour atteindre 62,9 % selon le cabinet MKG Hospitality.

112 millions C’est le nombre de nuitées enregistré par l’hôtellerie de plein air qui a bien résisté en 2016 avec une très légère baisse par rapport à 2015 (113 millions de nuitées). Le chiffre d’affaires est stable à près de 2,5 milliards d’euros.


3 questions à Roland Héguy Président Confédéral de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie)

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2017 ?

Les chiffres du premier semestre 2017 sont encourageants pour le tourisme en France : ils montrent que le secteur a su rebondir et que les touristes sont de retours. Nous sommes dans une bonne dynamique et nous travaillons pour le rester, d’ailleurs nous avons créé, avec 14 autres organisations professionnelles du tourisme, la Confédération des Acteurs du Tourisme qui a pour but de rassembler sur les enjeux communs les professionnels des métiers du tourisme et du voyage, de promouvoir et défendre les enjeux du tourisme.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

Pour le secteur de l’hôtellerie, 2017 sera marquée par la publication du décret d’application, le 28 avril dernier, de la loi Lemaire relatif au numéro d’enregistrement. Ce décret permet aux municipalités d’instaurer la procédure de déclaration préalable  pour toute location meublée de courte durée, avec la délivrance d’un numéro d’enregistrement. Avec à la clé : un dispositif de contrôle et de régulation pour les mairies afin de garantir plus d’équité et de transparence. Notre rôle est d’informer les mairies de cette nouvelle opportunité offerte par la loi et qu’elles l’appliquent !

Quels sont les deux défis majeurs auxquels est confronté votre secteur ?

Accueillir 100 millions de touristes et gagner 1 point de PIB pour le tourisme. Après la baisse touristique qu’a connue la France en 2016,

Il est important de mobiliser tous les efforts sur la promotion de la destination France d’une part, et sur l’emploi et la formation d’autre part. Notre défi commun est d’attirer vers nos métiers de nouveaux profils pour pallier les difficultés de recrutement rencontrées actuellement par les chefs d’entreprises. L’apprentissage doit être valorisé comme une voie d’excellence et non comme une voie de garage. Notre secteur offre de formidables perspectives et des évolutions de carrières pour les jeunes •