Le Transport Aérien

L’essentiel

3,1 %

C’est la croissance du trafic aérien en France en 2016 par rapport à 2015, soit 154,6 millions de passagers commerciaux selon les chiffres de la DGAC. Seule ombre au tableau : la part du pavillon français continue de baisser et ne représente plus que 42,9 % du trafic total et 33 % du trafic international.

L’événement

Attention, danger pour le pavillon français ! Depuis la libéralisation du ciel européen, sa part en France est passée de 60 % à 42, 9% en 2016. Le trafic au départ de France des compagnies françaises n’a progressé que de 0,9 % par an en moyenne contre 4 % pour les compagnies étrangères. Le pavillon français a vu le coût du contrôle aérien augmenter de 17,4 % de 2008 à 2014 tandis que le montant des taxes et redevances aéroportuaires progressait de 25 %. Le rôle de l’Etat est pointé du doigt dans le dernier rapport de la Cour des comptes : non seulement il laisse entièrement à la charge des passagers les coûts du transport aérien, contrairement à l’Allemagne ou au Royaume-Uni, mais il va même jusqu’à empocher une partie des recettes destinées à l’aviation civile selon un article des Echos.

Les chiffres clés

6,3 %

C’est la hausse du trafic intérieur en 2016 par rapport à 2015, à 31 millions de passagers selon les chiffres de la DGAC. Le trafic entre la métropole et les départements d’Outre-mer fait encore mieux avec une croissance de 4,5 %, à 2,5 millions de passagers.

11,3 %

C’est l’augmentation du trafic international en France en 2016 par rapport à 2015, à 123,5 millions de passagers (source : DGAC). Seules les liaisons avec l’Asie ont souffert l’année dernière (-2,2 %). A l’international, les plus fortes progressions de trafic concernent l’Espagne (+6,7 %), à 13 millions de passagers et le Royaume-Uni (+6,6 %), à 12,7 millions de passagers (source : DGAC).

43,3 %

C’est la part du trafic low cost en France en 2016 hors plateformes parisiennes selon les chiffres de l’Union des aéroports français (UAF). La hausse du trafic low cost a contribué l’année dernière à hauteur de 93,6 % à l’augmentation totale du trafic.

Avec +9,7 %, Lyon détient la palme de la croissance en 2016 côté aéroports devant Bordeaux (+8,6 %) et Nantes (+8,5 %). A l’inverse, l’aéroport de Beauvais enregistre une baisse de 7,7 %.

-2,1 %

C’est la baisse moyenne des tarifs aériens au départ de la France en 2016 toutes destinations confondues selon la DGAC. Il s’agit du recul le plus important depuis 2012. La baisse a été plus forte sur le réseau domestique (-2,4 %) que sur le réseau international (-1,8 %).

535 euros

C’est le prix moyen d’un vol entre Paris et New York en 2016 contre 726 euros en 2014 et 617 euros en 2015. C’est une réponse des compagnies régulière qui ont dû repenser leurs tarifs face aux offres des compagnies low cost.

21,9 % des vols ont été retardés de plus de 15 minutes au départ de la France en 2016. Le retard moyen de l’ensemble des vols s’est établi à 13,4 minutes.


3 questions à Jean-Pierre Sauvage Président du BAR* (Board of Airlines Representatives)

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2017 ?

Comme au plan mondial, la tendance est très positive en France avec une croissance globale du trafic passager de 5,9 % et plus notablement de 6,7 % pour l’international. Des chiffres qui reflètent ainsi l’embellissement des échanges économiques et la forte demande du secteur touristique.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

Le sujet low cost long courrier a constitué une part importante de l’actualité du transport aérien, non seulement en France – avec la création de French Blue, de Joon (la nouvelle compagnie d’Air France) – mais aussi en Europe par le lancement de Level (IAG) et les projets de développements d’Eurowings, de Norwegian et d’autres acteurs particulièrement intéressés par le marché français. Difficile de dire quelle sera la pérennité de ce modèle mais nous assisterons à de rudes combats commerciaux dans ce secteur d’activité.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels est confronté votre secteur ?

Au-delà des évolutions des modèles, le transport aérien doit faire face, d’une part, à la saturation de l’espace aérien et des congestions aéroportuaires et, d’autre part, aux renforcements des procédures de sûreté engendrant des coûts supplémentaires en matière d’équipements de détection et aussi une augmentation des temps de passages aux frontières •


* Le BAR est composé des 80 représentants de compagnies opérant en France, soit 75 % du BSP.