La Distribution des Voyages

L’essentiel

-3,9 % C’est la baisse du volume d’affaires enregistrée par les agences de voyages françaises en 2016 contre une baisse de 5,3 % en 2015 selon le baromètre Snav/Atout France. Le nombre de passagers est quant à lui en recul de 5,3 %. Seuls les départs vers les destinations long-courrier ont limité les dégâts avec une hausse du nombre de passagers de 1,1 % et un volume d’affaires en progression de 1,2 %. En revanche, les départs vers la France et les destinations moyen-courrier chutent lourdement, tant en volume d’affaires (respectivement -5,6 % et -6,8 %) qu’en nombre de passagers (respectivement -7 % et -5,6 %).

L’événement

Après des années de tergiversations, la confédération du tourisme est enfin en marche ! Le 12 juin dernier, 14 organisations professionnelles représentatives du secteur du tourisme ont signé les statuts de leur structure commune, baptisée la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT). Les Entreprises du Voyage et le SETO en font partie aux côtés des hébergeurs, des restaurateurs, des transporteurs, des métiers de l’événement… L’objectif : représenter de manière unifiée les professionnels des métiers du tourisme et du voyage. Le nouveau président est Roland Héguy (président de l’UMIH), aidé de trois vice-présidents dont René-Marc Chikli (président du Seto).

Les chiffres clés

Les agences redressent la tête en 2017

En nombre de passagers et en volume d’affaires, les réservations cumulées sont respectivement en hausse de 9 % et 10 % entre janvier et mai. Des chiffres inédits depuis de très nombreuses années.

6,3 milliards d’euros C’est le volume d’affaires BSP (soit la billetterie aérienne vendue en agences de voyages) en 2016, soit une hausse de 3 % par rapport à 2015. Il faut rappeler que ce chiffre n’intègre pas l’activité des compagnies low cost. Le nombre de billets émis par les agences de voyages est quant à lui en forte progression de 7,5 %, à 22 millions.

433 euros C’est le prix moyen du billet d’avion vendu par les agences de voyages en 2016, stable par rapport à 2015.
Le profil type du vendeur en agence de voyages ? Une femme de 35 à 39 ans, en CDI à temps plein, avec une ancienneté de dix ans, selon AON.

55 % C’est la proportion des clients venus en agences de voyages pour se renseigner qui réservent en agences selon une étude de Raffour Interactif. Un taux de conversion en très légère baisse par rapport à 2015.

42 % C’est le pourcentage des clients d’agences de voyages qui ont préparé leur voyage sur le net en 2016 contre 39 % en 2015 (source : Raffour Interactif).

70 % C’est la proportion de formules de voyages “all inclusive” demandées en agences de voyages, suivie par le sur-mesure à 62 % et, loin derrière, les autotours (28 %), les forfaits dynamiques (28 %), les city-breaks (27 %), les clubs (26 %) et les circuits thématiques à 23 % (source : Raffour Interactif).

68 C’est le nombre d’agences de voyages qui ont fait l’objet d’un redressement ou d’une liquidation judiciaire en 2016 contre 85 en 2015 selon le cabinet Altarès. Le nombre d’entreprises recensées dans la catégorie “agents de voyages ou apparentés” et immatriculées auprès d’Atout France s’est stabilisé autour de 4 000 entre 2012 et 2016. Quant au nombre de points de vente, il est aussi à l’étale (environ 6 000).

Parmi ces 4 000 opérateurs (cf ci-dessus), 90 % ont moins de dix salariés, 26 % se situent en Ile-de-France, 16 % en Rhône-Alpes et 11 % en PACA.


3 questions à Jean-Pierre Mas Président des Entreprises du Voyage

Comment se comporte votre secteur d’activité en 2017 ?

Le secteur se comporte positivement, avec une belle reprise de l’activité “tourisme” : réservations en hausse globale de 8 % au cours des 7 premiers mois de 2017 (+14 % pour le long courrier) et un redémarrage très sensible de la Tunisie. Le nombre de billets d’avion émis par les agences de voyages au cours du 1er semestre a quant à lui progressé de 5 % et le secteur du voyage d’affaires est également positif.

Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur lors des douze derniers mois ?

L’économie “collaborative” bouscule depuis quelques années le secteur du voyage, comme l’avaient bousculé au début des années 2000 le e-commerce et le digital. Les consommateurs zappent entre le numérique et le commerce physique, mais les jeunes générations sont totalement digitales, ce qui impose une adaptation des acteurs pour retrouver ce marché.

Quels sont les deux défis majeurs auxquels est confronté votre secteur ?

Le principal défi est de justifier la valeur de l’intermédiation. Le voyageur n’accepte de payer un service que s’il correspond à une réelle valeur ajoutée. Le second défi concerne les évolutions de la réglementation de notre profession : nous sommes d’accord pour assurer une protection du voyageur, mais cette protection ne doit pas mettre les entreprises françaises “hors marché” par rapport à des acteurs qui, du fait de la mondialisation du commerce, se jouent de la réglementation française •